Projets réalisés: La RFID dans le monde de la Pêche Industrielle et artisanale

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L’intégration de la technologie RFID  (Radio Frequency Identification) dans le secteur de la pêche transforme la manière dont les captures sont suivies, de l’océan jusqu’à l’assiette.
Que ce soit pour les flottes industrielles ou les embarcations artisanales, les enjeux diffèrent mais l’objectif reste la traçabilité et la transparence.

La RFID existe depuis les années 2000, dans les Halles à Marée (ou criées de Pêche). A cette époque, il s’agissait d’améliorer la gestion des bacs contenants le poisson. Les caisses étaient lues sur un tapis-convoyeur, à courte distance (qqs cms).

Les tags étaient importants, tant en termes de volume que de prix unitaires. On ne parlait pas de Traçabilité à cette époque.

Nous avons testé pour la pêche industrielle, la Traçabilité des bacs (contenants et contenus) associés à des équipements à bord (pour la pesée et l’enregistrement).

Pour la pêche artisanale, le concept de la FIP (Fishing Identification Plate = Plaque d’immatriculation Pirogues) a retenu nos suffrages… mais insuffisamment, pour ceux du marché et des bailleurs de fond.
Voici d’abord, une analyse des atouts et des inconvénients de cette technologie.

Les Atouts de la RFID

1. Traçabilité et Sécurité Alimentaire

C’est l’atout majeur. Des puces RFID fixées sur les bacs de poissons ou les filets permettent un suivi plus précis.

  • Historique complet avec croisements de données : Zone de capture, heure de débarquement et conditions de stockage (température).
  • Rapidité  : Contrairement aux codes-barres, la RFID ne nécessite pas de "vue directe" pour être lue, ce qui permet de scanner des palettes entières en quelques secondes.

2. Lutte contre la Pêche INN (Illicite, Non Déclarée, Non Réglementée)

La RFID aide les autorités à vérifier la légalité des captures.

  • Authentification  : Marquage des engins de pêche (filets, casiers, bacs ou même Tags-bagues à Thon rouge) pour s’assurer que les pêcheurs respectent leurs quotas, leurs temps de pêche et les zones autorisées.
  • Preuve d’origine : Valorisation du produit auprès des consommateurs qui exigent des labels de pêche durable.

3. Gestion Optimisée des Équipements

En pêche industrielle, le coût du matériel est colossal.

  • Inventaire automatisé  : Suivi de l’usure des filets et de la maintenance des bouées connectées.
  • Récupération  : En cas de perte de matériel (filets fantômes), certaines balises RFID « longue portée » facilitent la localisation.

Les Inconvénients et Défis

1. Coûts d’Installation et Maintenance

  • Investissement initial  : Le coût des lecteurs fixes, des terminaux portables et des puces peut être prohibitif pour les petits pêcheurs artisanaux.
  • Durabilité  : Le milieu marin est extrêmement hostile (corrosion saline, pression, humidité). Les puces peuvent ou doivent être encapsulées dans des matériaux robustes, ce qui augmente leur prix.

2. Limites Techniques (L’effet "Eau")

  • Interférences  : Les ondes radio de haute fréquence sont absorbées par l’eau. Pour que la RFID fonctionne sur du poisson frais (très humide), il faut utiliser des fréquences spécifiques (UHF avec tags spéciaux ou LF/HF) qui peuvent réduire la distance de lecture.

3. Complexité Logistique pour l’Artisanal

  • Infrastructures  : La RFID nécessite un écosystème numérique (bases de données, connexion internet au port) que les zones de pêche artisanale, souvent isolées, ne possèdent pas toujours.
  • Acceptabilité  : Il peut y avoir une résistance culturelle des pêcheurs qui perçoivent cet outil comme un instrument de surveillance constante plutôt que comme un outil d’aide à la vente.

RFID pour la traçabilité des bacs, en marée et sous criée

RFID pour la traçabilité des bacs, en marée et sous criée
RFID pour la traçabilité des bacs, en marée et sous criée

Aujourd’hui, après presque 25 ans, les problématiques restent plus ou moins les mêmes, liés à l’environnement de travail des bacs de poisson :

  • Manipulations brutales et répétées,
  • Hautes températures dans les machines à laver les bacs (70°C),
  • Basses températures dans les chambres froides (-15°C),
  • Utilisation de détergents agressifs pour les lavages des bacs,
  • Multiplicité des contenants, caisses (de taille et de volumes distincts), containers, palettes...
  • Contact permanent avec le poisson, donc humide et salé
  • Environnement « tout inox » (pour éviter la rouille) mais sur lequel les ondes radio ricochent en toute liberté ou anarchie !

Chacune de ces conditions ou cadre de travail, est répulsive pour le milieu de la RFID... c’est sans doute une des raisons qui explique le démarrage tardif..

Aujourd’hui, où les termes de Traçabilité et de sécurité agro-alimentaire, résonnent partout, il a fallu trouver un support de tag qui supporte ces conditions et qui soit adapté au nouvel environnement numérique de son smartphone, jamais très loin...

Bac cassé
La RFID dans le monde de la Pêche Industrielle et artisanale

Fin 2016, un fondeur de puces silicium RFID a eu l’idée d’associer un même chip à deux antennes aux fréquences distinctes... et donc lectures possibles à très courte distance (qqs cms) et à moyenne distance (qqs mètres)

Plusieurs mois de tests divers, y compris avec le fondeur de la puce, ont été nécessaires pour créer, le premier « tag-marée »...

Chants de victoires discrets, car il faut maintenant, coller ce tag sur le bac en plastique (en réalité : PEHD - Poly Ethylène Haute Densité). En fait, deux tags seront collés en quinconce pour assurer une lecture de chaque côté du bac. Trouver la colle qui résiste, définir l’emplacement du tag sur le bac... des essais et encore des essais... surtout que le tag réagit différemment selon qu’il soit dans l’air ou posé sur du bois ou du plastique.... pour faire simple !!

La RFID dans le monde de la Pêche Industrielle et artisanale

Une fois des résultats satisfaisants obtenus, il faut maintenant définir le ou les schémas logiques de circuits des bacs, afin de satisfaire à la Traçabilité attendue... Finalement, le schéma le plus logique (je n’ai pas dit le plus simple..) correspond au suivi des étapes de la pêche...

Le poisson sort de l’eau, (quelques soit le mode de pêche), est trié par Espèce et taille puis vidé, étêté – ou pas - (là encore, selon les espèces et le type de pêche), mis en caisse et souvent pesé à bord. C’est précisément à cette étape, que démarre notre Traçabilité.

En effet, la caisse de bord reçoit une étiquette imprimée, porteuse de toutes les indications liées au poisson qui est dans la caisse : Espèce, Taille, Qualité, lieu et date de pêche (selon une codification internationale bien établie).

De façon simple (bien que ce ne soit pas du tout le cas), la trame de pesée est récupérée et les informations écrites dans le tag durant cette même opération de pesée/impression.

La RFID dans le monde de la Pêche Industrielle et artisanale

Cette étape de démarrage est bien entendu précédée par le « taggage » des bacs vides (propre mais usagé ou neuf) afin de leur donner une identité propre et unique, à la quelle sera associée celle de la caisse pleine...
Ensuite, il « suffit » de définir les étapes de lecture suivantes...via des portiques judicieusement placés sur le parcours, que ce soit sur un convoyeur à la débarque, à l’entrée de la criée, à la mise en stock froid, au moment de la vente, à la livraison chez le mareyeur et enfin de retour à la machine à laver...vides et sales.

Étape finale de remise à zéro de la mémoire du tag avec enregistrement d’un cycle de lavage supplémentaire pour comptabilisation et suivi sanitaire.

RFID pour la traçabilité des bacs, en marée et sous criée

Quasiment à chaque étape, une lecture unitaire est possible via un smartphone doté de l’application idoine qui saura lire et traiter cette information.

Une suite logicielle spécifique enregistre les flux de données dans une base de données et peux ensuite s’interfacer avec un ERP local.

Nous avions développé une « app » compatible NFC (Near Field Communication) pour lire le tag du bac…malheureusement sans beaucoup de succès…

RFID pour la traçabilité des bacs, en marée et sous criée

Et ensuite ?
Afin de réaliser cette Traçabilité « du filet à la fourchette », il reste la dernière étape de constitution de la caisse blanche à usage unique en Polyester expansé, dans laquelle le mareyeur place son produit préparé, expédié chez le poissonnier ou la grande surface, client final...

Des logiciels de traçabilité existent pour assurer et vérifier l’origine du poisson (souvent issu de plusieurs bateaux ou criées). Il reste à assurer le lien entre ces différents acteurs. Démarche en cours.

La FIP pour les pirogues de pêche :

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